HISTOIRE D’UN CERVEAU CONFINÉ

A l’heure où je commence à écrire, il est deux heures du matin. Je viens de me réveiller. Ces réveils nocturnes sont fréquents depuis le confinement. Au début, je les croyais provoqués par le bruit des pas lourds de mon voisin au-dessus de ma tête, ou celui des voitures dans la rue, mais aujourd’hui, je dois me rendre à l’évidence, il règne un calme absolu autour de moi, ni voiture, ni voisin, ni ronflement… Bref, ce sont certainement là de bonnes raisons pour être éveillée si j’en crois le dérèglement progressif de mon cerveau qui, depuis une vingtaine de jours, mouline du paradoxe et patine entre ce qu’il sait et ce qu’il voit.

#1 Profitons de ce temps à la maison… pour travailler

Nous sommes chacun chez soi ; avec les nôtres ou seuls selon notre situation familiale, et chaque matin annonce une nouvelle journée de travail que je peux passer, si je le souhaite, en pyjama, pas lavée, allongée sur le lit, l’ordinateur sur les genoux ou le téléphone à l’oreille.

#2 Avançons vers un but commun… les yeux dans les yeux

Lors de mes réunions d’équipe en ligne, nous nous regardons tous avec intensité, en gros plan, dans des vignettes. Plus besoin de bouger la tête pour voir en même temps les visages de mes collaborateurs et ma propre image ! Je collabore en me regardant.

#3 Socialisons… chacun chez soi

Chacun chez soi, je retrouve en ligne les amis ou ma famille pour « partager » un verre et trinquer. A 20h, j’applaudis dans des rues désertes notre personnel de santé qui, à l’hôpital, sauve nos vies dans des conditions de travail ubuesques.

#4 Soyons libre de notre temps... aux heures autorisées

Je n’ai plus d’obligation d’horaires, je suis libre d’organiser ma routine aux heures autorisées : ravitaillement, travail, activités physique, sommeil…

#5 C’est le printemps… restons à la maison

Voilà plusieurs jours que le soleil brille sur Paris. Les températures sont printanières ; la nature s’éveille ; la lumière est belle ; le ciel est d’un bleu immaculé ; l’air débarrassé de ses odeurs de pots d’échappement ; la circulation inexistante… Avec les beaux jours, il est urgent d’éviter de sortir.

#6 Tout le monde avance masqué

Dans la rue, lors de mes déplacements, je croise des gens masqués qui font leurs courses. Je sais le port des masques réservé aux gens malades ou au personnel de santé ou de vente exposés aux gens malades. Est-ce à comprendre que les magasins sont remplis de clients malades ?

#7 Dépistons les malades qui sont malades

Les tests de « dépistage » du Coronavirus sont exclusivement réservés aux malades du Covid-19. Pour les autres, merci d’attendre d’être malades pour savoir si vous l’êtes.

#8 Si on est malade… évitons l’hôpital

A l’heure du pic épidémique, il est vivement recommandé de ne pas tomber malade car les hôpitaux sont pleins.

#9 Le SAMU sans sirène

Je ne compte plus les camions du samu que je croise, silencieux, presque discret dans des rues désertes.

#10 Des décès qui défilent

Sur les compteurs défilent le nombre de morts journaliers ; la mort c’est pas le temps qui s’arrête ?

#11 Devenir créatif oui… quand ça ira mieux !

Une grande partie de mes missions consiste à former et à accompagner des organisations et leurs collaborateurs pour développer leur confiance créative afin de résoudre des problèmes complexes et innover. À l’heure du Covid-19 qui bouleverse notre système économique, de production, sanitaire et social… toutes mes missions ont été annulées et reportées à des jours… meilleurs.

Euh, je crois que c’est là que j’ai buggé !

A bientôt,

Aude

Image illustration : © Franquin, Gaston Lagaffe, Dupuis.

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