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La créativité ne se gère pas, elle s'encourage !

July 5, 2016

 

Plan prévisionnel, reporting, récompenses individuelles font pale figure quand il s'agit de motiver des individus à faire preuve de créativité. La créativité n'a ni horaire ni prévisionnel. Elle ne se prévoit pas, ne s'organise pas, ni ne se contrôle. Bref, elle est ingérable ! Et pourtant, nombreuses sont les organisations fleurissantes à avoir fait de la créativité leur avantage concurrentiel pour innover et se transformer. Alors comment font-elles ?

 

Les organisations créatives ont troqué le traditionnel "management" pour l'encouragement. On ne gère pas la créativité, on génère une énergie créative. Pour entretenir le souffle de la créativité, les marques d'encouragement sont présentes dans tout l'environnement de l'entreprise créative : la gestion du temps, de l'espace, les modes de communication et d'information et les rituels.

 

L'inspiration nécessite du temps et de l'espace 

 

A l'inverse de la pression temps que  l'on observe dans les organisations qui font du "back to back" et sont "calendar driven", les entreprises créatives allouent du temps à leurs collaborateurs pour travailler sur les sujets de leur choix (tant que ces derniers sont en lien avec la mission cœur de l'entreprise) et du temps pour créer du lien social. Le célèbre 80/20 de Google qui permet à ses employés de travailler un jour par semaine sur les projets de recherche dits "personnels" a ainsi permis au mastodonte d'ajouter à son catalogue, entre autres services, Gmail. Dans certaines entreprises, les pauses café collectives ont été généralisées pour inviter le collaborateur à quitter son écran et partager un moment avec les autres à la machine à café. 

 

L'environnement physique est le second pilier de l'entreprise créative. Les idées naissent rarement sur le lieu de travail ! Kant qui s'adonnait à sa promenade quotidienne, Newton et sa pomme, Archimède dans son bain.. notre histoire collective est pleine de ces exemples de révélations qui se sont cristallisées "outdoor" ! C'est quand le cerveau est oxygéné et que l'esprit arrête de chercher la solution que l'idée surgit. Une nouvelle idée nait le plus souvent de la confrontation de deux anciennes idées, de la mienne et de celle de l'autre, de la transposition, du carambolage. C'est pourquoi, l'espace de travail pour devenir un lieu inspirant doit favoriser les rencontres impromptues, le vagabondage et même le carambolage. Danone a ainsi repensé son siège parisien. 50% de l'espace est dédié aux échanges. Chez Pixar, à chaque nouveau film, on part en voyage pour observer, s'inspirer, et une fois rentré, il est impossible aux collaborateurs d'échapper aux rencontres impromptues dans les escaliers, l'atrium et l'entrée unique. De même, l'espace de travail doit permettre l'affichage facile et naturel des idées en cours dans les cerveaux de chacun,  la saisie immédiate de l'idée qui vient à l'esprit et son partage. Comme l'a tweeté récemment Alex Osterwalder, l'auteur du best seller Business model et value proposition, "Le mur est le nouveau bureau". Il se couvre de post-it que l'on manipule à loisir et qui, par leur aspect "jetable et sans valeur", nourrit la prise de note sans exigence de perfection. La couleur invite au jeu, au "c'est pas grave" et participe à l'énergie créative.   

 

Les idées rebondissent mieux en équipe pluridisciplinaire qu'elles ne cascadent dans l'organigramme

 

De cet environnement peuvent naître les prémisses de la collaboration, troisième élément clef de la créativité. Les sujets complexes nécessitent l'alliance d'individus, de formation et de métiers différents pour parvenir à générer de nombreuses idées puis à faire converger les énergies vers les solutions les plus faisables, le plus viables et les plus désirables. Dans un environnement favorisant la créativité, les collaborateurs sont invités à sortir de leurs silos et de leurs bureaux pour se retrouver à travailler dans des espaces collectifs ouverts et non intimidants.

 

La table d'administration en bois vernis laisse la place à la table de cuisine, les murs aux boiseries luxueuses sont simplement recouverts d'une peinture facile d'entretien, les cubicles sont remplacés par des espaces dédiés à différents types d'activités : networker, paresser, produire, essayer, se détendre, et aussi s'isoler...  Les process de travail et d'échanges sont fluidifiés et non policés. Autour de la table de la cuisine, on se raconte, s'invective, se coupe la parole. Les meetings ne sont plus étiquetés par leurs titres "codir", "comités" mais sont qualifiés par leurs objectifs : brainstorming, feedback, improvment... Le partage de powerpoint ne cascade plus à la fin de la réunion et le boss assiste le moins possible au sessions de génération d'idées pour ne pas freiner le flux des collaborateurs. 

 

Contraintes, conflits, erreurs et tâtonnements dessinent le chemin vers la solution créative

 

Ce flux n'est pas un long fleuve tranquille, et accueille parfois l'échange conflictuel que recèle toute relation vraie et impliquée. Le tâtonnement, l'incertitude sont nécessaires à la créativité. On essaie, on évalue, on recommence. Chaque pas rapproche de la solution. Encore faut-il être autorisé à chercher, essayer, dialoguer et se tromper.  Quant aux contraintes, elles boostent la créativité. Réduction des délais, réduction des coûts, faisabilité technique, tous ces obstacles deviennent autant d'outils pour les esprits créatifs. Ils aident à chercher des contournements. Ces contournements sont rapidement formalisés, visualisés pour être non seulement facilement communiqués (un dessin vaut mille mots !) mais aussi pour être évalués, affinés, améliorés par l'autre. 

 

L'erreur est un mal nécessaire. Plus qu'un résultat, c'est une étape du processus de conception. En témoignent les multiples trouvailles nées d'intentions souvent inverses comme le post-it, le zyban, le viagra, la pénicilline.. . Les erreurs éclairent le chemin vers la réussite. Pour que ces erreurs se transforment en tremplin, l'accueil du feedback des collaborateurs ou utilisateurs doit être favorisé comme devant être un retour purement constructif. Le feedback des collaborateurs est un moment essentiel du process de créativité. De lui dépend la suite de l'idée et sa mise en œuvre. Un jugement gratuit et politique– "ça ne marchera jamais ! si ça marchait, ça se saurait !" –  et c'est potentiellement une idée géniale qui s'éteint à jamais pour l'entreprise. 

 

Les rituels rassurent et libèrent l'énergie créative 

 

Comme une bonne vieille habitude, les rituels nous rassurent en nous rappelant symboliquement notre appartenance à un groupe social. Ils se chargent de marquer les passages, les transformations, tandis qu'une partie de notre esprit peut passer en mode automatique et nous laisser ainsi le champ libre pour nous consacrer à l'apprentissage de choses nouvelles et à la curiosité. Nos enfants de 3 à 5 ans qui ne jurent que par le jambon et les coquillettes, et réclament inlassablement la même histoire, traversent durant ces années l'âge d'or de l'imagination.  La créativité en entreprise s'appuie sur les rituels qui renforcent le lien social : le café du matin,  le point du début de semaine, le pub du vendredi soir...  (L'incontournable pause-clope, ne fait-elle pas des fumeurs, les collaborateurs les mieux connectés de nos entreprises européennes ? ). Il ne s'agit plus de motiver des résultats mais de prendre soin du capital social, celui-là même qui cimente la créativité de l'entreprise. Car comme nous le rappelle, Margaret Heffernan, la serial entrepreneuse des débuts du Web : contrairement à ce que l'on dit souvent, "L'entreprise n'a pas d'idée, ce sont les gens qui la compose qui ont des idées". Aussi est-il crucial de renforcer le lien social qui unit les collaborateurs en instituant des rituels qui renforcent leur confiance en soi et dans les autres. 

 

Savoir libérer l'énergie créative des individus, est l'une des missions fondamentales des leaders de l'organisation car la créativité est cruciale pour l'entreprise qui souhaite faire sa place sur son marché et coiffer la concurrence sur le long terme. Mais il lui faut un environnement bienveillant pour se libérer et croître. Prendre soin de cet environnement qui entretient l'énergie créative, là est la mission de chaque dirigeant pour que chacun se sente motivé et autorisé à créer... dans un flux collectif dynamique et inspirant.

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